Chaque jour, Jeanne fait le chemin en train pour se rendre sur son lieu de travail, dans un commissariat à Marseille. La Police est sur les dents après avoir découvert le corps de deux femmes, chacune agenouillée, ligotée face à un mur et égorgée.
Sur le trajet du retour, Jeanne découvre juste à côté de son siège, une lettre qui lui est adressée. Un admirateur. Mais pas n’importe lequel car en plus de lui faire une véritable déclaration d’amour, il lui avoue être le tueur de ces femmes.
Pour la première fois de sa vie, Jeanne, quelque peu névrosée, “rencontre” une personne qui s’intéresse à elle, qui ne la juge pas, qui l’accepte telle qu’elle est. Au fil des jours et des correspondances, l’homme se dévoile un peu plus et Jeanne devient très vite obsédée par cet homme. Alors que les meurtres se multiplient, Jeanne se retrouve face à un dilemme : dénoncer la seule personne qui s’intéresse à elle, au risque de se retrouver elle-même en position de nouvelle victime ou protéger celui qu’elle croit aimer.

Encore une auteure dont j’ai beaucoup entendu parler et que je découvre avec cette nouvelle édition.  Et on peut dire que je n’ai pas été déçue du voyage. L’auteure joue sur la personnalité des trois principaux personnages (Jeanne, Elicius et Fabrice, le capitaine de Police). L’intrigue est efficace, bien que quelques passages soient relativement prévisibles alors que d’autres ne laissent rien présager de la suite.
C’est bien mené notamment la façon dont est abordée cette empathie, cet attachement face à ce tueur sans scrupules ; tel un syndrome de Stockholm sauf qu’ici, Jeanne n’a jamais eu affaire avec ce bourreau, ne sait pas à quoi il ressemble, mais le “connaît” qu’à travers ces quelques lettres, qui vont changer sa vie.

Pour ce qui d’“Aurore”, la nouvelle qui suit, je dirais que nous sommes là, plus dans une actualité faits-divers.
Alban est un jeune ado bègue, qui subit des moqueries permanentes de la part de “ses” camarades. Jusqu’au jour où sa soeur Aurore se fait humilier à son tour, qui va être la goutte d’eau de trop, le déclencheur du point de non-retour.

Une nouvelle qui à la suite de “Terminus Elicius”, peut déboussoler car on y retrouve une nouvelle fois Jeanne. Mais l’histoire est indépendante de la première mais tout aussi terrible.

Merci aux éditions Belfond

“Terminus Elicius” de Karine Giebel - Editions Belfond - 2016