C’est au Motel Lorraine à Memphis, que le révérend Martin Luther King a été abattu en 1968, devant la chambre 306. Dix ans plus tard, Sonia une cartomancienne fuit le Canada avec ses deux filles, Louisiana et Georgia, et trouvent refuge dans cette même chambre inoccupée depuis la tragédie.

C’est autour de cette famille que vont graviter d’autres personnages, des tranches de vie ordinaires  en quête d’une vie meilleure, où chacun, peu importe sa couleur de peau, pointe du doigt un rêve d’égalité raciale dans cette partie de l’Amérique où l’esprit de Martin Luther King plane encore.

De courts chapitres qui passent d’un personnage à un autre. On trouve un mélange de personnages réels et fictifs (Walter Bailey le propriétaire du motel, Jacqueline la femme de ménage, son frère Lonzie, ancien repris de justice et apprenti photographe, la jeune Louisiana qui rêve de percer dans le mannequinat afin d’offrir un foyer décent à sa famille,…), le tout en faisant des allers-retours dans le temps.
Chacun ses secrets, chacun ses rêves.

J’ai trouvé intéressant d’exploiter l’histoire de ce motel et d'en connaître un peu plus sur le dernier voyage de Luther King.

Ca démarre assez bien, avec dès le départ, ce personnage de Sonia qui intrigue. On imagine assez rapidement la fuite à cause d’un mari violent, en fait non…

On se rend compte au fil des pages que le roman est rempli de non-dits. On s’attend donc à une fin avec des révélations fracassantes en cascade. C’est du moins ce que j’aurai espéré. Malheureusement à la toute dernière partie du livre, on m’a perdue, je suis restée sur ma faim.

Perdue parce que, quasiment à la toute fin du roman, deux nouveaux personnages font leur apparition, en restant dans la lignée des non-dits.
Je ne dirais pas qu’il y a trop de personnages mais certains m’ont laissé complètement indifférente.
Ensuite, restée sur ma faim parce que trop de non-dits qui restent en suspens, ça en devient frustrant.

A la fin du roman, il y a un bond en avant dans le temps qui selon moi, aurait mérité plus de détails, notamment sur la famille de Sonia, qui rappelons-le porte l’histoire de ce roman. Cela aurait apporté une fin plus aboutie avec un (semblant de) twist final levant (enfin) le doute sur les suppositions imaginées. Dommage d’avoir fait le choix de rester sur cette même continuité.

Entre trop de non-dits et un épilogue qui reste pour moi en suspens, on peut dire que je suis passée à côté de la fin de ce roman.

Motel Lorraine” de Brigitte Pilote - Ed. Michel Lafon - 2017