Souffrant de dépression post-partum, Estelle Paradis est régulièrement seule avec sa fille de 7 mois,  Mia avec qui elle a beaucoup de mal. Le bébé ne cesse de pleurer en présence de sa mère. Avec les absences répétées et prolongées de Jack, son mari avocat, parti travailler à Chicago, Estelle fait tout pour être une bonne mère, allant jusqu’à poser des verrous supplémentaires pour assurer la sécurité dans l’appartement qu’elles occupent. Malgré ces protections, Estelle se réveille un matin et découvre le berceau vide. Aucune trace de jouets, de vêtements, de biberons, de couches usagées, comme si Mia n’avait jamais existé.

Coup de folie d’une mère dépassée ou manipulation ?

Dès lors, le comportement d’Estelle devient étrange, voire suspect. Au lieu d’alerter la police, la jeune mère passe trois jours à récurer la maison de fond en comble, avant qu’on la retrouve loin de chez elle, dans sa voiture accidentée dans un ravin, blessée par balle à la tête.

Tentative de suicide ou d’assassinat ?

Diagnostiquée amnésique, Estelle se rend compte que tout ce qu’elle dit la rend coupable aux yeux de tous. Internée par son mari dans un hôpital psychiatrique pour tenter de recouvrer la mémoire, Estelle va avec l’aide du Dr Ari, un spécialiste de la mémoire, remonter le fil de sa vie pour savoir ce qu’il s’est réellement passé, comprendre pourquoi cette vision de sang ne cesse de la hanter et surtout, tout faire pour retrouver Mia.

Un air de déjà-vu sur le thème de la disparition d’enfant. Pourtant Alexandra Burt renouvelle le genre avec son premier roman entre roman psychologique et polar. Bien sûr en misant sur la psychologie de ses personnages (ça ce n’est pas nouveau), un brin complexe en ce qui concerne le personnage principal mais surtout, en abordant le sujet tabou du baby-blues qui va être le moteur de toute cette histoire.
Le personnage d’Estelle va paraître à la fois faible, effacée, dépassée par les évènements, proche de céder à l’évidence, on n’en ressent pas moins sa détresse, sa souffrance de mère. Puis vient comme un déclic, ce qui aurait pu l’abattre, l’affaiblir encore plus, va la rendre plus forte, plus déterminée que jamais pour découvrir la vérité.
L’auteure met également l’accent sur le processus complexe de la réouverture des anciens dossiers non résolus.
Si on peut ressentir quelques longueurs dans les échanges entre le Dr Ari et Estelle, on finit par se rendre compte qu’il faut remonter plus loin que le présent traumatisme subi pour pouvoir recouvrer la mémoire de l’instant T.

La seule chose que je pourrais reprocher est qu’il manque quelques lignes à la fin de ce roman. Eh oui, on a fini par s’attacher à cette mère et on aurait aimé connaître les grandes lignes de sa nouvelle vie après toutes ces années d’épreuves.

Membre du cercle littéraire américain de femmes auteurs de polar appelé les “Sisters in Crime”, Alexandra Burt signe ici un premier roman prometteur avec un sujet quasi inexploité dans le domaine du polar, avec un doute qui ne vous quittera qu’aux toutes dernières pages.

Little Girl Gone” d’Alexandra Burt - Editions Denoël - 2017