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“Funérailles” - Richard Montanari

Le 17 décembre 2017, 22:58 dans Livres 0

Philadelphie est en proie à une vague de meurtres pour le moins étrange à quelques jours de Noël…
Une jeune femme est retrouvée morte au pied d’une rivière. Assise telle une poupée, une ceinture de nylon autour de la gorge, la victime a été amputée de ses pieds. Une étrange peinture fait d’un mélange de sang et de sperme est dessinée sur son ventre.
Les meurtres s’enchaînent. Seul point commun entre les victimes, toutes sont découvertes avec une robe datant d’un autre temps.
Une ancienne affaire non résolue de deux fillettes assassinées une dizaine d’années auparavant, va parallèlement refaire surface à la mort brutale d’un jeune retraité de la Police, retrouvé lui, carbonisé non loin du lieu où les deux petits corps ont été retrouvés…

Une réinterprétation des contes d’Andersen...    version macabre

Un roman policier version ancienne école, dans le sens où Funérailles est sorti il y a maintenant presque dix ans. Certains pourront donc trouver certaines longueurs, probablement dues au rythme qui n’est plus vraiment le même que celui que l’on retrouve dans les thrillers et policiers d’aujourd’hui. Mais à chaque époque, son style. Et il va sans dire que le “Terrifiant et impossible à lâcher” de James Ellroy n’est plus d’actualité aujourd’hui, surtout pour les gros lecteurs de thrillers.

Pas de grande surprise pour moi avec cette lecture, d’autant que la fin est assez convenue. Le plus de ce roman, hormis l’intrigue qui est bien menée, est dans la diversité de ces personnages. Chacun des  inspecteurs est à un moment donné, mis en avant dans cette histoire.
Et contrairement à ce genre de roman, ici, pas de rivalité interne quel que soit l’âge, le sexe, le grade, l’ancienneté, les services ou l’origine des personnages. L’esprit est très solidaire.

Pour conclure, je dirais que ça fait du bien de temps en temps de retrouver ce côté “old school” dans ses lectures. Pas de flic bourru, alcoolique et/ou dépressif, ou encore l’éternel duo de la fliquette ou le jeunot tout droit sorti de l’école de police qui doit faire équipe avec un inspecteur à deux doigts de la retraite. Avec Funérailles, juste une bonne intrigue de départ, des personnages attachants avec une vie normale, le tout non dénué d’une pointe d’humour.

Funérailles” - Richard Montanari - Ed. Le Cherche-Midi - 2008

“Illusion tragique” - Gilda Piersanti

Le 12 décembre 2017, 12:28 dans Livres 0

Mario, dix ans, a depuis quelques temps un nouveau passe-temps, celui d’épier son voisin, Mr Ruper. Ce dernier, célibataire, mène une vie tranquille, réglée comme du papier à musique, et ne fréquente personne.
Pourtant, chaque soir entre 18 et 19 heures, Mr Ruper donne le bain à une très belle jeune femme, que personne n’a jamais rencontrée.
Persuadé que la belle est retenue contre son gré dans cet appartement, enchaînée à un radiateur pendant que son bourreau est au travail, Mario et son ami Riccardo veulent en avoir le coeur net et décident de s’introduire au domicile du voisin pour libérer l’inconnue.
Mais rien ne va se passer comme prévu. Et ce que les deux enfants vont découvrir dans l’appartement est au-delà de ce qu’ils ont pu imaginer.
Ce qui devait être un “jeu d’enfant” va façonner la vie d’adulte de Mario…

Illusion tragique est probablement le livre le plus déroutant qu’il m’est arrivé de lire. Un OVNI littéraire. Un brin alambiqué. Très audacieux de la part de l’auteure de s’engouffrer sur un sujet aussi fou. Fou, car elle nous emmène au fin fond des méandres de la perversité de l’être humain.

Dans cette fiction, l’auteure y intègre une autre fiction. Deux histoires racontées comme deux récits indépendants et pourtant, les deux sont intimement liés.
Complètement surprenant, car l’auteure nous emmène là où l’on ne s’y attend pas. Même pour les lecteurs les plus avertis…
Une lecture qui demande toutefois une ouverture d’esprit, dans le sens où il ne faut pas s’attendre à une trame formatée, à du déjà vu/lu. Ici, on sort clairement des sentiers battus.  

Et si quelques scènes peuvent mettre mal à l’aise, voire à la limite d’être anxiogène, Gilda Piersanti nous prend en quelque sorte en otage, nous met dans une position où l’on ne peut pas arrêter cette lecture car le style et la manière d’amener cette histoire est très addictif.

La maison d’édition parle d’Illusion tragique comme d’un thriller. A mon sens, on est davantage dans un roman très psychologique, voire plus.

Une lecture définitivement atypique, qui vous laisse bouche bée du début à la fin.

Illusion tragique” - Gilda Piersanti - Les Editions Le Passage - 2017

“Les Chiens de Détroit” - Jérôme Loubry

Le 5 décembre 2017, 12:39 dans Livres 0

Détroit - Quinze ans après avoir fait parler d’elle, la légende urbaine du Géant des Brumes refait surface. A l’époque, on lui avait attribué la mort de sept enfants retrouvés avec des traces de strangulations.
Aujourd’hui suspecté à nouveau d’être à l’origine de la disparition de cinq enfants, Simon Dugan dit le Géant des Brumes, vient de faire l’objet d’une descente de Police. Assis tranquillement dans son salon, comme s’il attendait leur arrivée, Dugan ne fait part d’aucune résistance. A l’intérieur du domicile, des traces d’enfants mais aucun corps. Juste quelques mots à l’attention de Sarah Berkhamp, en charge de l’affaire avec Stan Mitchell, dit Le Molosse : “Aidez-moi. Vous êtes ma rédemption”…

Si la thématique de départ est relativement basique pour les habitués du genre, un roman policier avec pour décor un Détroit anéanti, -qui m’a d’ailleurs beaucoup fait penser à “Il était une ville” de Thomas B. Reverdy-, l’auteur donne une certaine complexité à son roman avec ses deux personnages principaux, deux fracassés de la vie qui n’ont plus que leurs boulots pour donner un semblant de sens à leurs existences.
C’est pourtant cette enquête d’enlèvements d’enfants qui pourrait, en quelque sorte faire le deuil sur une partie de leurs passés liée à cette affaire.

Mais la véritable force de ce roman réside dans l’ambiance que l’auteur a su insuffler à son histoire. Plus qu’une simple ambiance pour donner le ton qui règne dans cette ville en perdition, ici l’atmosphère très sombre et très froide -qui n’est pas sans rappeler celle que l’on retrouve dans de nombreux polars nordiques- fait partie intégrante de l’histoire, tout comme la ville en elle-même. Cette atmosphère si particulière accentue davantage la noirceur déjà présente dans ce roman.

Bien que l’auteur nous dévoile subtilement un indice qui nous met la puce à l’oreille, c’est bel et bien cette ambiance qui m’a embarqué et marqué dans ce premier roman.

Un auteur à suivre…

Les Chiens de Détroit” - Jérôme Loubry - Ed. Calmann-Lévy Noir - 2017

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