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“Le Goût de vivre” de Steven Uhly

Le 1 décembre 2016, 18:54 dans Livres 0

Hans D. n’a plus goût à la vie depuis que sa femme et ses enfants sont partis. Seul, sans ami, sans emploi, il vit reclus, honteux de sa situation, dans son petit appartement jonché de détritus. Il ne sort de chez lui que lorsqu’il n’a plus le choix, comme aujourd’hui, dernier jour pour renouveler son allocation chômage. Mais avant cela, il doit vraiment sortir ses poubelles. Et quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il est sur le point de jeter ses déchets de découvrir un nourrisson dans la benne à ordures.
Hans est bien loin d’imaginer que cette rencontre va redonner un sens à sa vie.

Une très jolie fable, tendre et touchante avec en toile de fond un fait de société qui met en lumière la dégringolade que peut occasionner un accident de la vie : le repli sur soi, la perte de vie sociale, le regard des autres, les préjugés, le laisser-aller, l’abandon de tout et de tous, la honte. Le tout sans juger ou tomber dans le pathos.

Un roman qui tombe à point nommé en ces périodes de fêtes avec son côté solidaire et altruiste (peut-être un peu trop utopique dans notre société) mais si joliment traité que ça permet de rêver un peu et de laisser une lueur d’espoir.

Sans être un véritable feel-good (du moins pour moi), j’ai trouvé cette lecture très agréable, pleine d’humanité, d'humilité et de finesse. Et ça fait du bien !

Une ode à l’amitié et à la vie.

Rien ne le laisse présager mais je verrai bien une suite avec tous ces personnages quinze ans plus tard…


Merci aux éditions Presses de la cité

Le Goût de vivre” de Steven Uhly - Editions Presse de la cité - 2016

“Fils de Sam” de Michaël Mention

Le 23 novembre 2016, 21:19 dans Livres 0

“Dès mon premier souffle, on n’a jamais voulu de moi. […] Dans 10 ans, 20 ans et plus, on parlera encore de moi.”

Retour sur le parcours de Richard David Berkowitz, plus connu sous le nom du “Fils de Sam”, l’un des plus célèbres serial killers des Etats-Unis. Celui-là même qui a terrorisé New-York dans les années 70.

Le livre démarre en 1966, bien avant tous ces meurtres où l’auteur nous met petit à petit dans l’ambiance en revenant sur le parcours du couple De Grimston, anciens adeptes de la scientologie reconvertis dans la thérapie d’analyse des compulsions, et parallèlement sur la petite enfance de Berkowitz.

Berkowitz, l’histoire d’un type banal avec une vie qu’il l’est tout autant. Rejeté par tous, par ses camarades, par celle qu’il pensait être sa petite-amie, par ses pères, refusé pour aller combattre au Vietnam, refusé pour intégrer la police, et puis vient un jour où il rencontre Sam… et devient son “Fils”.

On est là dans un docu-thriller rythmé, tellement bien documenté que Michaël Mention arrive à nous retranscrire l’ambiance et l’état d’esprit comme si lui-même était présent.
Chaque chapitre revient sur les évènements-clé de la triste “carrière” du Fils de Sam, en nous faisant revivre l’actualité du pays. Tout est là pour nous imprégner totalement dans cette époque et dans ce New-York très loin de celui que l’on connaît aujourd’hui : le Vietnam, les années Disco, le rock, le mythique Club 54, les émeutes raciales, le Watergate, l’affaire Polanski,…

Et puis, il y a surtout la panique qui se fait grandissante où toutes les jeunes new-yorkaises passent au blond, les tentatives d’assassinats ratées, la ténacité d’un père persuadé que tous ces crimes sont l’oeuvre d’une seule et même personne face à une police qui reste hermétique, malgré les soupçons et les différents témoignages. Jusqu’à ce fatidique 11 août 1977 où Berkowitz seulement âgé de 25 ans, se fait arrêter d’une façon assez surréaliste.

Mon ressenti après cette lecture ? J’ai adoré. Moi qui n’avais ouvert le livre juste pour avoir un aperçu du style de l’auteur, j’avais déjà lu 100 pages quand j’ai levé le nez du livre. J’ai littéralement dévoré le “Fils de Sam” en quelques heures.

J’étais tellement embarquée par cette histoire que par moments, j’en oubliais que c’était une histoire vraie, surtout que certains passages semblent rocambolesques.
Ravie d’avoir vraiment pu découvrir ce Fils de Sam à travers la plume (excellente) de Michaël Mention. Ce personnage dont j’ai beaucoup entendu parler à travers notamment des séries ou des lectures mais très loin de l’idée que je me faisais de lui.

Je recommande à tous les fans de thriller true crime ou pas. Et si vous en redemandez encore, l’adresse du site Internet de Berkowitz figure à la fin du livre. Eh oui, le Fils de Sam est maintenant devenu le Fils de l’Espoir. Comme quoi, tout est permis au pays de l’Oncle (?) Sam…

“Une pensée pour les éternels oubliés des affaires criminelles, à savoir les victimes et leurs proches.”

Michaël Mention

Fils de Sam” de Michaël Mention - Editions Ring - 2014

 

“Une famille trop parfaite” de Rachel Abbott

Le 22 novembre 2016, 16:45 dans Livres 2

Derrière la façade de la normalité se cache un horrible serpent à l’esprit tortueux qui vit dans la frustration jusqu’à ce que l’objet de son désir soit sous contrôle.”

Pour l’inspecteur-chef Tom Douglas, Olivia Brookes est une vieille connaissance. Sept ans plus tôt, la jeune mère de famille avait signalé la disparition de son compagnon. Deux mois plus tard, ses parents disparaissaient dans un curieux et tragique accident.
Quand son mari et ses enfants ne rentrent pas après une soirée pizza, Olivia cède à la panique et prévient la Police.
Quelques années plus tard, c’est au tour du mari de signaler que sa famille s’est volatilisée. La Police s’interroge sérieusement sur cette famille en apparence si parfaite, où mystères et disparitions sont légion.

Pour Tom Douglas et son équipe, plus les indices vont se révéler et plus ils vont aller de surprise en surprise.

Rachel Abbott nous embarque dans un roman policier ET dans un roman psychologique machiavélique où obsession et manipulation sont au rendez-vous.  
Au premier abord, ce roman semble relativement classique avec une fin prévisible, oui mais… Mais cette “famille trop parfaite” ne laisse aucun répit à son lecteur. De nombreux rebondissements viennent (et tombent à pic) constamment, qui ne cessent de remettre en question l’avancée de l’enquête et ce, jusqu’à la dernière page.

Une dernière partie construite un peu différemment du reste du roman, avec des flash-back qui reviennent sur l’origine d’une traque dûment réfléchie mise en place plusieurs années auparavant.  

Un page-turner où un pervers narcissique obsédé se retrouve face à une “proie” prête à tout pour sauver sa famille.


Merci aux éditions Belfond

Une famille trop parfaite” de Rachel Abbott - Editions Belfond - 2016

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